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Virginie Hamel

Virginie Hamel a grandi à Beaumont, sur la Rive-Sud (Québec). L’artiste choisit d’étudier la scénographie pour satisfaire son besoin d’explorer les matériaux. Au cours des années, elle développe un intérêt grandissant pour les arts visuels et l’utilisation d’une variété de médiums dans sa pratique. Accro au voyage et à la découverte des autres cultures, elle fait des études en coopération internationale avant son passage à l’Université Emily Carr de Vancouver, où elle découvrira les possibilités qu’offre le collage.

Il y a 14 ans, l’artiste a choisi de s’établir au Yukon. Elle explore aujourd’hui les relations émotionnelles, sensorielles et spirituelles des humains avec la forêt boréale, leur milieu de vie, tout cela au moyen de la photo et du collage. L’exposition Présence des femmes lui permet d’explorer une toute nouvelle esthétique.

Le sujet est d’autant plus d’actualité aujourd’hui, car le poids d’une grande précarité économique pèse sur la prochaine génération. Le coût de la vie montant en flèche, être une femme performante ne sera plus une qualité, mais un prérequis à la survie de la cellule familiale. Cette situation rendra d’autant plus difficile le choix d’un parcours plus personnel, original.

Le projet Canoniser l’imparfaite présente cinq femmes qui ont tracé leur propre voie et ignoré, consciemment ou non, ce qui était normal; des femmes dont la simple façon d’exister a fait changer les choses pour leur propre génération ou pour les générations futures.

J’ai abordé le projet Présence des femmes comme une sorte de thérapie, souhaitant rendre hommage à des femmes qui, par leurs actions, m’ont accompagnée au cours de ma vie, lorsque le poids d’un parcours atypique me semblait soudain plus ou moins sensé.
À des moments où mes échecs, mes doutes et  mes regrets devenaient trop lourds, ces femmes m’ont démontré qu’il était possible de se tromper, de se relever et de continuer. Elles m’ont orientée vers d’autres routes par leur musique, leurs mots et leur courage. Elles me rappelaient qu’il n’y a pas qu’un seul chemin à suivre, et que mes choix étaient valables.

Ce sujet m’a été inspiré par l’écrivaine Fanny Britt, auteure de plusieurs pièces, romans et essais, notamment Les maisons et Les tranchées, et dont les opinions sur le féminisme sont à la fois ancrées dans la réalité et dans la poésie. Elle met des mots sur l’inexprimable réalité d’être femme.

Canoniser l’imparfait est à la fois une réflexion sarcastique et un pied de nez à ce que nous percevons collectivement comme des modèles de perfection.

Les femmes dont il sera question dans ce projet, outre Fanny Britt, sont Lhasa de Sela, Marjane Satrapi, Marie-Ange Beaudoin et Nellie Bly.

Canoniser l'imparfaite