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Esse arts + opinions, publiée trois fois l’an par Les éditions esse, est une revue d’art actuel bilingue couvrant les diverses pratiques disciplinaires et interdisciplinaires (arts visuels, performance, vidéo, théâtre expérimental, cinéma d’auteur, musique et danse actuelles) et toutes formes d’interventions à caractère social, in situ ou performatif

ESPACE MEMBRES

11 septembre | 23 octobre: Vernissage : aucun

Artistes :

Le Groupe DDK

Danièle Petit

Doris Charest

Karen Blanchet

Le Groupe DDK

 

 

Que se passe-t-il lorsque trois artistes d'horizons très différents se rencontrent et décident de former un groupe ? Danièle Petit est de France, Karen Blanchet a grandi en Australie tandis que Doris Charest est une Albertaine née et élevée. Différents horizons et différents styles avec un intérêt commun pour la couleur ont conduit à un échange d'idées qui se rejoignaient. Ces différences sont ce qui rend ce groupe unique. L'amour de la peinture était tout ce dont nous avions besoin. L'amour de la peinture est notre ancre.

 

Avec le thème “le sauvage dans l’urbain”, l’inspiration collective se colore de la vision personnelle de chacune et inspire la production régulière. Ensemble, elles proposent une vision plus vaste et variée de ce que représente “Le sauvage dans l’urbain”. "Le sauvage dans l'urbain" nous amène à  réfléchir sur le fait que l'intelligence humaine  est peu de chose face à la puissance de la nature.  Chacune  à notre manière et selon notre perception de la nature nous avons voulu travailler en commun pour offrir trois visions différentes et uniques.

 

 

Doris Charest 

Je cherche les endroits discrètes où se cache la nature dans l’urbain.  Les plantes, surtout les fleurs, sortent d’endroits surprenantes. Les animaux trouvent des endroits pour s’installer qui sont étonnants comme le bord d’un bâtiment ou le trou d’un arbre.  Avec allégresse, la nature dans l’urbain s’adapte au milieu et c’est à nous de la découvrir.

Un paysage urbain peut varier considérablement dans la même ville. Il peut y avoir des endroits dans votre ville qui n'ont que de grands immeubles et d'autres endroits où il y a des maisons avec des pelouses ou de petites cours arrière. Il pourrait y avoir d'autres zones boisées. Les caractéristiques de chacune de ces ‘micro’ régions supportent la vie d’une manière tout à fait différente.  Documenter ces petites différences, les petits trésors qu’offre chaque région durant différentes saisons est ce qui me passionne.  

 

Karen Blanchet

Il y a un temps, quand nous avons bâti les églises et les châteaux sans l’expectation de voir le produit final. Ils sont avec nous aujourd’hui après des siècles. De nos jours, les maisons ne durent qu’à peine cinquante ans. Je vois les clôtures tordues par les arbres qui refuse de céder leur place et le petit pissenlit remplissant les brisures aux trottoirs ou sur les routes. Les chardons forment les haies suivant les chemins des champs et nous croyons que tout est sous notre contrôle. En fin du compte, nous détruisons les espèces essentielles à notre vie, comme les abeilles. Sans prendre l’étude et le temps pour comprendre l’interdépendance de toute existence, il y a un danger de détruire nous-mêmes. Ainsi, je regarde les clôtures qui n’ont aucun contrôle contre les mauvaises herbes. Je contemple la célébration des couleurs, la danse vivante des plantes que nous appelons “mauvaises”. Quelle joie! L’abondance et la vivacité me font rire. Au lieu de lutter contre la nature, il faut vivre ensemble. Malgré des protestations de mes voisins, je laisse pousser les pissenlits pour encourager des abeilles. J’ai aussi la tentation de planter des asclépiades pour les papillons monarques. Préférant les créatures aux pelouses parfaites, je cherche la vie harmonieuse avec la Nature, pas nécessairement avec mes voisins. Comme extension de ma protestation contre l’ignorance humaine, mes peintures célèbrent la ténacité et la beauté du sauvage dans le milieu urbain.

Danièle Petit 

Si la nature et l'urbanisme peuvent se côtoyer et même se compléter avec bonheur, il arrive que la première s'impatiente et repousse, brise les avancées, les installations urbaines. La gente animale n'est pas en reste ; les coyotes rodent un peu partout dans nos villes, les lièvres squattent nos jardins quand ce ne sont pas les skons (mouffettes) qui logent sous nos balcons et que dire de ces aventuriers ; un jeune cougar perdu, affamé, perché dans un arbre dans le jardin du voisin un orignal qui décide de faire une petite sieste devant la porte d'une bibliothèque sans oublier les ours, les biches, les corbeaux, etc...

On parle souvent de l’invasion, de la destruction de la nature par les humains de plus en plus nombreux. De la destruction des habitats animaliers lors de la déforestation de vastes terrains ou tout simplement la disparition des terriers lors de la construction de complexes commerciaux ou autres qui mordent sur les terres cultivables sans penser longtemps au devenir de la faune qui petit à petit s’installe dans nos murs, nos arbres, nos jardins. Peut-être une façon de reconquérir leurs terrains.

 La puissance de la nature et du sauvage est phénoménale dans la province de l'Alberta et c'est ce que je me propose d'explorer au fil de ce projet incluant textes et tableaux.

"The wild versus the Urban"

Nature and urbanism can rub shoulders with happiness but sometimes nature gets impatient and pushes back, breaking the urban facilities. Animal life is also playing , coyotes roam a little everywhere in our cities, the hare stakes out our gardens. It happens that we find a hungry young cougar perched in the tree of a neighbor, a bear on the bike trail bordering a river, and do not forget the crows, the skunks, etc ... As if nature and animals were trying to remind us about the tremendous power of the wild versus the cities of concrete, aluminium and glass.

DANA RAYMENT

KAREN BLANCHET

ESPACE EXPLORATION

Artiste: 

Claire BURELLI

Data loss may occur

 

Le projet « Data loss may occur » consiste en un corpus d’une vingtaine d’œuvres textiles, céramiques, moulages et objets textuels évoquant la perte de mémoire, d’un point de vue personnel et universel. 

 

Dans sa pratique, Burelli reconfigure les images qui façonnent notre quotidien et qui évoquent nos réalités. Ces images constituent une collection d’archives qui documentent systématiquement notre présent. 

 

Ce travail menant souvent à des abstractions conceptuelles, mais aussi à grande charge chromatique s’appuie sur les subtilités du tissage, de la broderie, du façonnage, du moulage, mais aussi du texte, douceurs à contempler. Cette esthétique s’inspire entre autres du « glitch » informatique (erreur numérique), car elle fait écho à la pluralité des outils technologiques et à la perte de mémoire engendrée par la prolifération des images et des informations, notamment sur Internet. Chaque image créée ne révèle qu’une partie de ce qu’elle était avant sa transformation, ce qui permet de travailler avec le concept d’erreur, de captation et de mémorisation du réel afin d’être recontextualisé sur le médium choisi.

 

Ainsi, les formes abstraites qui en sont issues sont le résultat de manipulations digitales, de dessins réalisés à l’aveugle à partir des images sources ou encore de mise en valeur d’erreurs dans le processus de production de certaines sculptures. 

 

Burelli désire ainsi provoquer une réflexion sur la cohabitation intergénérationnelle. Nous 

sommes effectivement dans une ère où des individus de différentes générations ont des rapports aux technologies divergents, voire même opposés. Sa proposition est en quelque sorte un acte de réconciliation qui vise à démontrer la mixité possible entre les différents outils artistiques actuels en s’appuyant sur la perte de donnée comme terrain neutre où plusieurs générations pourraient s’y rencontrer. 

NICOLE GAGNON

MERCI